La dépression est plus qu'un vague à l'âme passager. Cette maladie entrave la capacité d'une personne à fonctionner dans sa vie quotidienne et a des effets négatifs sur sa santé physique. Toutefois, dans la vaste majorité des cas, il est possible de soigner la dépression.
 

Qu'est-ce que la dépression ?

La dépression est un phénomène complexe qui implique des mécanismes internes et des influences externes. On la diagnostique lorsqu'une personne présente une humeur dépressive (pleurs, sentiment de tristesse, de vide), ou une perte d'intérêt ou de plaisir. Les symptômes se manifestent par des changements dans l'appétit, des difficultés de sommeil (insomnie ou tendance à trop dormir), de la fatigue excessive, de l'agitation, des sentiments d'inutilité, des difficultés de concentration, et par des pensées suicidaires ou des références récurrentes à la mort.

Si vous pensez vous reconnaître dans la liste de critères énumérés ci-dessus, il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions. Plusieurs situations de vie difficiles peuvent nous amener à nous sentir ainsi de temps en temps. La question importante est liée à la durée. On considère qu'il s'agit d'une dépression quand les symptômes persistent plus de deux semaines et qu'ils sont suffisamment intenses pour causer d'importantes souffrances personnelles ou une incapacité à fonctionner normalement.

Types de dépressions :

  • Dépression majeure : une période de dépression modérée à intense qui dure plus de deux semaines.
  • Dysthymie : trouble de l'humeur chronique présentant des symptômes modérés de dépression.
  • Dépression post-partum : éprouvée par certaines femmes après la naissance d'un enfant.
  • Dépression et psychose : une personne déprimée perd le contact avec la réalité. Elle peut avoir des hallucinations (perception de voix et/ou vision de gens ou de choses qui n'existent pas) ou exprimer des délires (raisonnement non fondé dans la réalité).
  • Troubles affectifs saisonniers : dépression déclenchée par les conditions climatiques ou une période particulière de l'année.

Qui en est atteint ?

  • 8 % des adultes sont touchés par la dépression
  • La dépression se manifeste généralement, pour la première fois, au cours de l'adolescence ou au début de l'âge adulte
  • La dépression peut atteindre des individus de tout âge, ethnie ou milieu social
  • Les coûts en soins de santé et la perte de productivité qui peuvent être associés à la dépression sont des préoccupations qui touchent toute la société

Les causes

La dépression est souvent incomprise par la population générale. Est-ce une maladie au sens traditionnel? Est-ce une simple réaction aux événements de la vie? Si une réaction est normale lors d'une situation particulière, est-ce que le problème est moins important?

À la base, la dépression peut être envisagée comme une maladie ou une réaction. La meilleure façon de comprendre la dépression est de chercher à saisir les multiples causes et éléments qui influencent l'humeur. Pour débuter, il faut être conscient que nous sommes des êtres vivants. L'essence de ce que nous sommes se trouve dans notre cerveau : nos pensées, nos attitudes, nos humeurs, notre intelligence et tout ce qui fait de nous des humains. Il est alors facile d'affirmer que les troubles psychologiques sont causés par des débalancements biochimiques. D'un autre côté, notre biochimie a certainement subie les influences de notre éducation et de nos expériences. C'est pour ces raisons qu'il faut considérer les processus internes et externes lorsqu'on tente de comprendre la dépression.

  • Maladie : Certaines formes de dépression peuvent être comprises de la même manière que toute autre maladie. Dans ce cas, il semble qu'il y ait une dysfonction au niveau du fonctionnement cérébral. La chimie du cerveau semble avoir été altérée d'une telle façon qu'elle a un grand impact sur l'humeur et crée des sautes d'humeur qui ne semblent pas liées à des événements externes. La dépression bipolaire, qui présente des sautes d'humeur importantes, passant des états de dépression profonde à des moments où la personne se sent presque surhumaine, est un exemple de ce qui pourrait être considéré comme une affection médicale.
  • Biochimie : Cela étant dit, il est possible et même probable que les mécanismes biologiques nous affectent tous et qu'ils soient d'importants éléments déclencheurs des dépressions de toute forme, même lorsque le cerveau semble fonctionner normalement. Bien que nous ne connaissions pas encore exactement la manière dont ils nous affectent, nous savons par exemple que les hormones et l'état nutritionnel influencent l'humeur.
  • Tempérament inné : Si vous avez eu plus d'un enfant ou si vous avez plusieurs frères et sœurs, vous avez surement déjà remarqué combien le tempérament est unique à chaque individu. Il est clair que nous naissons avec un ensemble de traits et de tendances qui nous sont propres. Certains sont plus aventureux et d'autres sont plus hésitants. Certains se fâchent plus facilement, alors que d'autres vont prendre les choses avec plus de légèreté. De la même manière, certaines personnes semblent heureuses tout le temps alors que d'autres auront tendance à être sérieuses ou pessimistes.
  • Influences environnementales : Notre tempérament inné est évidemment un élément central de notre personnalité, mais nos traits de caractère sont influencés de manière importante par nos expériences. Nous sommes modelés par nos valeurs familiales, par la culture de notre société et par toutes les expériences que nous avons traversées. Ce mélange unique fait que deux personnes différentes ne vivront pas de la même manière les mêmes situations particulières et n'en retireront pas les mêmes acquis.
  • Les événements qui changent le cours d'une vie : Bien que nous expérimentions les événements par le biais de nos valeurs personnelles et de nos croyances, certains sont tellement exigeants que la dépression est inévitable. La mort d'un être cher, par exemple, aura un effet marquant sur chacun de nous. La dépression dans ce cas est considérée comme une réaction normale bien que sérieuse. Chaque personne réagit différemment. Bien que nous ayons tous besoin d'un certain temps pour retrouver un niveau normal d'activités, certaines personnes traînent la dépression au cours d'une plus longue période que ce qui est observé normalement.
  • Une succession d'événements : La grande majorité des gens qui consultent pour une dépression ne le font pas à la suite d'un élément isolé. La plupart du temps, ils ont lutté contre la dépression et ses symptômes pendant la majeure partie de leur vie. Ils rapportent généralement un historique de vie parsemé d'échecs réels ou fictifs. Bien qu'un événement marquant puisse avoir déclenché un épisode dépressif et les avoir poussé à consulter, cette vulnérabilité était sans doute déjà présente.
  • La menace commune, la personnalité : Le résultat des facteurs décrits plus haut est la personnalité qui nous définit. Les variables biochimiques et le tempérament inné interagissent avec notre développement. Les personnalités qui font surface en nous, affectent la façon dont nous réagissons aux événements. C'est notre compréhension des événements et nos réactions qui nous rendent vulnérables à la dépression.
  • Certaines personnalités sont simplement plus sujettes à la dépression. Par exemple, des personnes qui manquent d'assurance se sentiront souvent prises dans des situations qui ne leur conviennent pas; les perfectionnistes vont toujours être insatisfaits d'eux-mêmes ou fâchés contre les autres; les dépendants vont se retrouver régulièrement dans des situations où l'on profitera d'eux. C'est pour cette raison qu'il faut essayer de comprendre nos habitudes si nous voulons nous protéger contre la dépression.

Les traitements

Tous les scientifiques sont d'avis que la solution réside dans le changement, qu'il s'agisse de l'environnement de travail, du style de vie ou de sa vision du monde. Le repos, le yoga ou toute forme d'introspection peuvent être bénéfiques mais ne sont pas des solutions. Si rien ne change, le problème ne disparaîtra pas tout seul.

Le changement peut être biochimique ou situationnel, cela peut impliquer une nouvelle attitude ou une nouvelle habileté, cela peut être aussi simple que faire le choix d'accepter votre ancienne situation telle qu'elle était, mais sans essayer de lutter pour la changer cette fois.

Les deux principales méthodes de traitement sont psychologique et pharmacologique. Sans égard à la cause, les deux méthodes de traitement peuvent être bénéfiques. Parfois, la combinaison des deux méthodes est la plus efficace. Il est généralement recommandé d'utiliser une approche psychologique pour traiter une dépression légère à moyenne; la thérapie cognitive étant la plus populaire. Si la réponse n'est pas satisfaisante, une médication peut-être ajoutée. Pour une dépression moyenne à sévère, on recommande de procéder dès le départ avec une combinaison d'antidépresseurs et de thérapie cognitive. En réalité, des éléments supplémentaires tels que l'attitude envers la médication ou la disponibilité des services de consultation psychologiques à bons prix jouent un rôle central dans le choix des traitements à donner.

Les antidépresseurs ciblent la chimie du cerveau. La plupart des gens qui prennent une médication se sentent moins préoccupés par les événements et arrivent à mieux gérer certaines situations. La thérapie cognitive cherche à changer la façon dont nous interagissons avec le monde en nous enseignant de nouvelles habiletés ou en permettant d'examiner et de changer les attitudes qui affectent notre façon de réagir et d'interpréter les événements qui surviennent autour de nous.

Enfin, si l'un de vos proches souffre de dépression, voici quelques conseils pour l'aider:

  • Encouragez-la à exprimer ses sentiments
  • Exprimez votre inquiétude, mais n'essayez pas de contrôler
  • Offrez de l'aide afin de départir la personne de certaines tâches quotidiennes
  • Encourager la personne à consulter.
  • Soyez compréhensif
  • Offrez de l'information
  • Une fois le traitement commencé, laissez les choses suivre leurs cours.

La recherche au Douglas

Les scientifiques qui se spécialisent dans la recherche sur la dépression à l'Institut Douglas sont :