Projets de recherche en cours

Nous menons de front actuellement plusieurs projets de recherche importants, et nous en avons récemment réalisé plusieurs autres. Nous réalisons en parallèle un certain nombre de petits projets très ciblés. Voici une liste de nos grands projets de recherche. Pour obtenir plus d'informations sur ces projets ou sur nos projets secondaires, consultez l'onglet « Équipe ».

Trouble mental: langage et contenu dans la couverture média

Financement: Commission de la santé mentale du Canada. CP: Whitley, R. Duré : 2010-2016


Dans cette étude, nous rassemblons et examinons les reportages des médias sur la maladie mentale dans les principaux journaux canadiens et les émissions de télévision. Nous regardons les reportages de 2005-2016 pour pouvoir discerner si ceux-ci sont (i) positifs ou négatifs; (ii) stigmatisants; (iii) traitent de rétablissement; ou (iv) liés à la violence, la criminalité ou le danger. Cette méthodologie nous permet de suivre les changements dans les représentations médiatiques de la maladie mentale au fil du temps. Jusqu'ici, nous avons codé plus de 20 000 articles de 2005 jusqu’à aujourd’hui. Nous avons trouvé que près de 40 % des articles ciblent la criminalité et la violence, alors que moins de 20 % ont parlé de rétablissement. Nous avons constaté que les articles sur la maladie mentale elle-même ont plus tendance à traiter du rétablissement et sont mieux informés. Au contraire, les articles sur les personnes atteintes d'une maladie mentale (surtout les hommes) avaient tendance à être plus négatifs. Nous n’avons trouvé aucune évolution dans le temps parmi les variables mesurées. Nous avons publié des articles décrivant les résultats de l'étude dans le journal « Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology », la Revue canadienne de psychiatrie et le « Journal of Mental Health ».

L'arrêt de la stigmatisation: Création et évaluation d'un anti-stigmatisation et Pro-Rétablissement intervention éducative à travers des vidéos participatives avec les personnes atteintes de maladie mentale

Financement: Instituts de recherche en santé du Canada. CP: Whitley, R. Duré: 2014-2018

Dans cette étude, nous allons former des groupes de personnes atteintes de maladie mentale grave (MMG) dans trois villes différentes (Toronto, Halifax et Montréal) à réaliser des vidéos documentaires. La formation comprendra l’apprentissage de la pensée analytique, l’écriture de scénarios, les techniques d'entrevue, le travail de caméra et le montage. Ces groupes feront ensuite une série de vidéos documentaires locales sur les difficultés rencontrées par les personnes atteintes de maladie mentale. On donne aux participants le contrôle éditorial sur les thèmes et le contenu des vidéos. Ces dernières seront ensuite projetées au public local dans un endroit choisi par les participants. L'impact des vidéos sur le public sera mesuré à l'aide des méthodes qualitatives et quantitatives pour déterminer si les documentaires diminuent la stigmatisation et améliorent la compréhension de la maladie mentale. Nous émettons l'hypothèse que les vidéos produites vont montrer le profil des personnes atteintes de maladie mentale grave d’une manière beaucoup plus positive que l’image actuelle, et que les vidéos réussiront à réduire la stigmatisation et à augmenter la sensibilisation du rétablissement. Si l'hypothèse se confirme, nous allons intégrer le processus de notre formation dans une vidéo participative de la santé mentale, et développer une boîte à outils pour une utilisation élargie.

Obstacle et aide au rétablissement d'un trouble mental sévère: analyse socio-culturelle

Financement: Instituts de recherche en santé du Canada. CP: Whitley, R. Duré: 2011-2015.


Dans cette étude, nous avons interviewé plus de 60 personnes atteintes d’une maladie mentale grave et domiciliée à Montréal afin de mieux comprendre le rétablissement à partir d'une perspective personnelle. Les participants présentaient un profil ethnoculturel divers, et nous avons souhaité comparer et mettre en contraste les variations ethnoculturelles du rétablissement à travers (i) les définitions; (ii) les obstacles; et (iii) les éléments facilitants. La plupart des participants considèrent le rétablissement comme un voyage progressif, incluant des étapes vers une vie normale dans la communauté. Nous avons trouvé que la stigmatisation et les contraintes financières étaient considérées comme des obstacles aux rétablissements à travers l'échantillon. Parmi les participants, on a aussi trouvé que l'emploi, ainsi que les facteurs physiques tels que le sommeil, l'alimentation et l'exercice, ont été nommés comme les facilitateurs principaux du rétablissement. Dieu et la religion sont des facilitateurs-clés pour beaucoup de gens originaires des Caraïbes et d’Afrique, mais n'ont pas été un thème important pour les Euro-canadiens. Donc, les participants de notre échantillon étaient d’accord sur les définitions, les obstacles et les éléments facilitateurs au rétablissement, indépendamment du statut ethnoracial, à l'exception de la religion et de la spiritualité. Cette recherche indique que les services axés sur le rétablissement doivent encourager les possibilités d'emploi et faire attention aux problèmes de santé physique. Il suggère également l'importance de la compétence religieuse dans les services de santé mentale. Nous avons aussi animé des groupes de discussion avec les cliniciens pour pouvoir comprendre leurs points de vue sur le rétablissement, dont les analyses sont en cours.

Projets récemment terminés

Construire le pouvoir de se réadapter et de se rétablir chez les Afro-Américains souffrant d'un trouble mental: collaboration avec Dartmouth-Howard

Financement: National Institute on Disability and Rehabilitation Research. CP: Whitley, R. Duré: 2008-2014.

Ce projet financé sur cinq ans s’est consacré à comprendre le rétablissement chez les Afro-Américains. Cette subvention a permis la réalisation d’une série de projets de recherche sur le rétablissement pour ce groupe en particulier. Elle a également financé des activités de formation pour aider les cliniciens à mieux comprendre le rétablissement. Chaque année, 30 personnes ont participé aux formations données sous forme de classes d’été. Les cours étaient axés sur le rétablissement et s’échelonnaient sur cinq semaines consécutives. Les principaux résultats des projets de recherche soulignent l'importance du logement sûr et sécuritaire pour les gens en voie de rétablissement. Le logement ne se limite pas à un abri physique, mais aussi donne une impulsion aux personnes malades de franchir les étapes de leurs rétablissements, notamment la recherche d’emploi et le développement des relations sociales. Nous avons également remarqué que certaines caractéristiques propres aux quartiers comme le taux de criminalité et la désorganisation représentent des obstacles aux rétablissements. Dans ces cas-là, les gens ont peur de quitter leur logement et conséquemment évitent d’intégrer la communauté. La religion et la spiritualité ont agi comme éléments facilitateurs importants dans ce groupe. De nombreux participants ont attribué leur rétablissement à leur relation avec Dieu. Nous avons publié des articles expliquant les résultats de cette étude dans des revues prestigieuses, notamment « Psychiatric Services » « Social Science and Medicine » et « Transcultural Psychiatry ».