Quand les traitements par SMTr sont-ils proposés à l’Institut Douglas?
À l’heure actuelle, ils sont offerts du lundi au vendredi (excepté les jours fériés) de 13 h à 15 h 30.
Comment fonctionne la SMTr?
La SMTr est administrée au moyen d’un dispositif appelé « stimulateur magnétique », un appareil qui emmagasine de l’électricité puis la décharge très rapidement à travers une spirale de fils électriques protégée par du plastique.
La SMTr utilise des impulsions magnétiques ciblées afin de stimuler ou d’inhiber de façon non invasive les zones d’activité cérébrale que l’on croit liées à l’apparition de troubles psychiatriques. La neuromodulation vise par exemple :
- à accroître l’activité du cortex préfrontal gauche dans les cas de dépression majeure
- à réduire l’activité du cortex temporal gauche dans les cas de schizophrénie
Au cours d’un traitement par SMTr, la spirale magnétique est placée délicatement sur le cuir chevelu du patient. Les variations des champs magnétiques produites par la spirale peuvent pénétrer jusqu’à deux centimètres sous la spirale directement dans le cerveau afin d’induire de faibles courants électriques qui peuvent "stimuler" ou "inhiber" l’activité neuronales selon la fréquence et la rapidité auxquelles les impulsions magnétiques sont administrées.
Combien de temps dure un traitement de SMTr?
Les patients effectuent habituellement des séances quotidiennes, soit 20 à 30 séances de SMTr sur une période de quatre à six semaines. Il peut également y avoir une phase finale de une à trois semaines où les séances sont moins fréquentes. Toutefois, le nombre réel de séances de SMTr peut varier selon le trouble psychiatrique traité.
Sauf justification raisonnable, les patients qui manquent plus de deux séances de SMTr de suite ou quatre séances au total ne seront pas autorisés à poursuivre le traitement. De plus, ils doivent arriver à l’heure à leur séance et aucun retard ne sera toléré. Cette politique est appliquée de façon stricte et nous encourageons les patients qui envisagent d’effectuer des séances de SMTr à s’assurer qu’ils pourront suivre l’emploi du temps chargé qu’elles impliquent.
Quels sont les principaux paramètres techniques en SMTr?
Il existe deux méthodes basiques de SMTr :
- la SMTr à haute fréquence, au cours de laquelle on fait se succéder des impulsions magnétiques très rapides (jusqu’à 20 impulsions par seconde ou 20 Hz pendant 2 à 4 secondes) et des « temps morts » de 10 à 26 secondes. On répète ce cycle jusqu’à ce que l’atteigne 3 000 impulsions par séance;
- la SMTr à basse fréquence, au cours de la laquelle se succèdent des impulsions magnétiques à une fréquence de une impulsion par seconde (1 Hz) pendant 10 à 20 minutes, jusqu’à ce que l’on atteigne 1 500 impulsions par séance.
En règle générale, la SMTr à haute fréquence tend à stimuler l’activité physiologique de la région cérébrale sous-jacente et la SMTr à basse fréquence à l’inhiber. Bien que cette dernière soit généralement mieux tolérée que la première, leur efficacité varie selon le trouble psychiatrique traité.
Quelle est la différence entre la SMTr et l’électroconvulsothérapie (ECT) en termes d’efficacité et de tolérabilité?
La SMTr est beaucoup moins invasive et mieux tolérée que la ECT. Cependant, un certain nombre d’études ont montré que la SMTr est significativement moins efficace que la ECT pour traiter des cas de dépression majeures. Il n’existe à ce jour, aucune étude comparant la SMTr et la ECT pour le traitement d’autres troubles tels que la schizophrénie.
Quels sont les principaux avantages de la SMTr?
La SMTr est une procédure non invasive qui ne nécessite aucune anesthésie ou sédation. Ainsi, lors des séances de SMTr, les patients demeurent éveillés et alertes, et sont en mesure de reprendre presque immédiatement leurs activités normales.
De plus, le traitement par SMTr n’engendre habituellement aucun des effets secondaires systémiques que l’on constate généralement lors de l’utilisation de médicaments (p. ex., prise de poids, bouche sèche, inconfort gastro-intestinal). Pour ces raisons, la SMTr peut être intéressante pour les personnes dont l’état n’a connu aucune amélioration significative à l’aide de médicaments ou qui en tolèrent mal les effets secondaires. Cependant, la SMTr n’est pas conseillée à tout le monde et ne fonctionne pas non plus pour tout le monde.
Qu’est-ce que la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr)?
La SMTr est un traitement non invasif par neuromodulation qui consiste à appliquer des impulsions magnétiques sur le cuir chevelu en vue d’aider à soulager les symptômes d’un certain nombre de troubles psychiatriques. Elle s’est plus particulièrement montrée efficace et bien tolérée pour traiter la dépression majeure et la schizophrénie (c.-à-d., des hallucinations auditives résistantes aux médicaments et les symptômes négatifs persistants). Globalement, entre un tiers et la moitié des patients déprimés et (ou) schizophrènes qui ont suivi un traitement par SMTr en ont ressenti les effets bénéfiques.
La SMTr fait également l’objet de recherches actives en tant que traitement potentiel contre les troubles de l’anxiété, les troubles alimentaires et les troubles bipolaires, entre autres. La procédure a été approuvée tant par Santé Canada que par la Food and Drug Administration (FDA) après plus de 15 ans de recherche cliniques intensives.
Comment se déroule une séance typique de SMTr?
Une séance typique de SMTr dure de 25 à 40 minutes. Les patients s’assoient confortablement dans un fauteuil et portent des bouchons d’oreilles pour se protéger du puissant cliquetis que produisent les impulsions magnétiques.
Au cours de la première séance, nous déterminons l'intensité de la stimulation magnétique nécessaire pour traiter le patient. Pour ce faire, on stimule un point du cuir chevelu du patient qui correspond à la région du cerveau qui contrôle l'activité du pouce droit ou du pouce gauche. Ce point se situe à environ 7,5 centimètres au dessus de l'oreille. Il est stimulé à différentes intensités jusqu'à ce que l'on puisse déterminer visuellement la plus faible quantité d'énergie nécessaire pour faire bouger le pouce. Cela s'appelle le seuil moteur. Une fois le seuil moteur défini, on déplace la spirale magnétique vers la zone spécifique du cerveau qui sera stimulée de façon thérapeutique (p. ex., cortex préfrontal dans les cas de dépression). On détermine l'emplacement de cette zone cible selon le système international 10-20 relatif aux électroencéphalographies (EEG).
Les patients sont constamment surveillés pour assurer un positionnement correct ainsi qu'un bon niveau de confort.
La SMTr présente-t-elle des risques pour la santé?
Oui. La SMTr peut provoquer des crises épileptiques (ou convulsions), mais cela est très inhabituel. Sur plus de 30 000 séances effectuées à ce jour, seules une douzaine ont causé des convulsions qui ont toutes eu lieu avant 1998 lorsque les paramètres étaient moins sécuritaires. Elles ont également eu lieu au cours de séances à haute fréquence. Depuis, des lignes directrices relatives à la sécurité en matière de SMTr auxquelles adhère le programme de neuromodulation de l’Institut Douglas ont été publiées.
De plus, tous les patients ayant eu des crises épileptiques à la suite de séances de SMTr ont fait l’objet d’une observation étroite, et aucun d’entre eux n’a développé d’effet secondaire ou de trouble épileptique récurrent, tels que l’épilepsie.
Toutefois, une crise épileptique reste possible même en utilisant des paramètres considérés sécuritaires et la SMTr de basse fréquence. Voilà pourquoi nous procédons à une surveillance et une gestion appropriée des crises épileptiques grâce à :
- une inspection visuelle régulière à la recherche de signes de crise épileptique
- la disponibilité de professionnels de la santé formés à la prise en charge des crises épileptiques
- un accès à du matériel de maintien des fonctions vitales et à des médicaments anticonvulsant
Vais-je faire l’objet d’une évaluation au cours d’un traitement par SMTr?
Oui. Au début du traitement, à la semaine 4 et éventuellement à la semaine 6, vous rencontrerez un psychiatre qui vous posera des questions qui aideront à déterminer si la SMTr s’avère efficace et sécuritaire dans votre cas. Plus précisément, vous remplirez :
- des questionnaires d’auto-évaluation : Inventaire de symptomatologie dépressive, échelle d'anxiété de Beck, questionnaire WHOQOL relatif à la qualité de vie et questionnaire FISER-GRSEB relatif aux effets secondaires;
- des questionnaires dirigés par des cliniciens : échelle de dépression de Hamilton, échelle d’anxiété de Hamilton.
Dois-je arrêter de prendre mes médicaments actuels avant de commencer un traitement par SMTr?
Non. Les patients sont supposés poursuivre leur traitement de la même manière avant et pendant le traitement par SMTr (c.-à-d., ne pas modifier les médicaments qu’ils prennent en raison de ce traitement).
Quels sont les effets secondaires les plus courants de la SMTr?
Après les premières séances de SMTr, moins de dix pour cent des patients ressentent des maux de tête légers à modérés tels ceux dus à des tensions musculaires pendant une durée pouvant aller jusqu’à quelques heures mais qui sont généralement soulagés à l’aide d’analgésiques courants.
Moins de dix pour cent des patients déclarent ressentir des picotements et (ou) une légère douleur au niveau du cuir chevelu sous la spirale magnétique pendant la stimulation, habituellement au cours de la première semaine. Il existe heureusement plusieurs solutions permettant de soulager les douleurs au niveau du cuir chevelu : analgésiques, anesthésiques topiques, réduction de l’intensité de la stimulation, etc.
Dans une récente étude d'envergure relative à la SMTr dans les cas de dépression graves, moins de deux pour cent des patients ont dû arrêter le traitement en raison de la douleur et la plupart d’entre eux ont déclaré que la douleur s’était estompée de façon significative au fil du temps.
Enfin, aucun lien n’a été établi entre la SMTr et les déficiences cognitives, telles que la perte de mémoire ou l’incapacité à se concentrer. Au contraire, elle pourrait même améliorer certains aspects des fonctions cognitives, telles que la mémoire de travail.
