Le Centre colloborateur OMS/OPS reçoit régulièrement des témoignages de collègues qui ont voyagé dans les pays où le Centre intervient.

Du Bélize

«Cher Dr Laporta,

Je fus en mesure de constater par moi-même les changements étonnants qui ont eu lieu au Bélize depuis l'arrivée en 1995 de la psychiatre principale au pays, Dr Claudina Cayetano. Ces changements représentent une collaboration très active entre le Ministère de la santé du pays et Dr Cayetano. Parmi ces changements, notons:

  • des changements à la loi qui ont décriminalisé les suicides et les tentatives de suicide
  • la mise sur pied de services de santé mentale communautaires dans tous les districts du Bélize
  • la formation d’infirmières-praticiennes en psychiatrie
  • la mise en service d’un système informatisé pour les dossiers médicaux et les ordonnances
  • la fermeture de l'asile psychiatrique
  • l’intégration des services hospitaliers psychiatriques aux hôpitaux généraux.

On a aussi vu se former l’Association en santé mentale du Bélize ainsi qu’un groupe de défense des droits des patients. J’ai eu l’occasion de visiter quatre hôpitaux régionaux (San Ignacio, Dangria, Belmopan, et Belize City) qui dispensent tous des services en santé mentale. J'ai pu aussi travailler de concert avec l’équipe ACT (Community Treatment Team) à Belize City. Enfin, je suis aussi allé voir des cliniques privées à Belmopan et Belize City.

Somme toute, le voyage fut très inspirant. Tous les services mis en place dans ce pays en un court laps de temps témoignent de la vision du Ministère de la santé, au dévouement et l’effort pour la promotion et la défenses des droits des patients de Dr Cayetano.»

- Dr Carol Brebion, psychiatre, Hôpital général Lakeshore à Montréal, été 2010

D'Haïti

«Camp L’Espwa ("espoir" en créole) est un camp mis à la disposition des gens déplacés après le tremblement de terre de janvier 2010. Il est situé dans un village appelé Fond Parisien, dans la partie est d’Haïti, tout près de la frontière de la République dominicaine.

Immédiatement après le tremblement de terre, l’orphelinat Love a child et le ministère de la santé ont commencé à y admettre des blessés. Le Harvard Humanitarian Initiative (HHI) a ouvert un hôpital de campagne et fut joint par le groupe Hands of Light in Action (HOLIA), organisme oeuvrant principalement dans le domaine de la physiothérapie. La famille des blessés étant nombreuse, on a dû aménager tout près un camp pour héberger tous ces gens : le Camp L’Espwa. On y compte entre 1 200 et 1 500 résidents, dont la plupart ont vécu le tremblement de terre et subi des pertes.

Avant juillet 2010, il n’y avait qu’une aide sporadique et quasi inexistante en santé mentale au Camp L'Espwa. J’ai d'abord été bénévole pour HOLIA, car le HHI ne savait pas encore s'il pourrait offrir des services en santé mentale au Camp. Durant les six semaines passées là-bas, j’ai eu l’occasion de traiter une quinzaine de patients souffrant d'un trouble de stress post-traumatique et de dépression. Des infirmières ont été formées pour assurer les soins de base en santé mentale et le soutien psychosocial. De plus, deux groupes de soutien psychosocial - un pour les hommes, un pour les femmes- ont été mis sur pied. Ils se réunissent deux fois par semaine. De ces groupes, huit membres ont reçu une formation pour poursuivre l'animation de groupes psychosiociaux dans la communauté.

Fin juillet, le HHI a commencé à offrir des services en santé mentale au Camp et un psychologue a été chargé de faire une évaluation rapide des besoins en santé mentale. Selon ses résultats, les services en santé mentale au Camp seront ou non maintenus, ce qui représente un grand avantage pour les habitants du Camp. Dans l'attente de ses résultats, les groupes de soutien psychosocial pour les femmes sont toujours actifs.»

-Lorin J. Young, résidente en psychiatrie, université McGIll, octobre 2010