15-07-2014


Judes Poirier, Ph.D., C.Q., de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et de l’Université McGill à Montréal et son équipe ont découvert qu’une variante génétique relativement fréquente dans la population, confère une protection substantielle contre la forme la plus commune de la maladie d’Alzheimer et peut retarder jusqu’à quatre ans le déclenchement de la maladie. Cette découverte permettra d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques pour cette terrible maladie.

Le Dr Poirier a dévoilé les résultats de son étude en marge de la Conférence internationale de l’Association Alzheimer à Copenhague. Cette étude, menée à grande échelle dans le but de trouver des processus biologiques qui répondraient aux traitements médicamenteux, a permis de déceler des variantes génétiques naturelles qui octroient une protection contre la forme la plus commune de la maladie d’Alzheimer.

« Nous avons découvert que des variantes génétiques spécifiques dans un gène appelé HMG CoA réductase, qui règle normalement la production et la mobilisation du cholestérol dans le cerveau, pouvaient modifier le processus et retarder de près de quatre ans le déclenchement de la maladie d’Alzheimer. Cela constitue une percée remarquable dans un domaine où les recherches ont rarement été couronnées de succès ces dernières années », a déclaré le Dr Judes Poirier, dont les recherches précédentes ont permis de découvrir qu'une variante génétique était formellement associée à la forme la plus commune de la maladie d’Alzheimer.

« Ces derniers résultats génétiques obtenus par l’équipe du Dr Poirier représentent un pas important dans la compréhension de la neurobiologie de la maladie d’Alzheimer, et aussi dans l’utilisation de la génétique pour découvrir une nouvelle cible moléculaire qui réponde aux nouveaux traitements développés », a ajouté la Professeure Brigitte Kieffer, directrice scientifique du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Une approche différente

Au cours des deux dernières décennies, les recherches de par le monde se sont concentrées sur l’identification de facteurs génétiques et environnementaux qui pouvaient être à l’origine ou accélérer la progression des formes les plus communes de la maladie d’Alzheimer. Toutefois, on savait peu de choses au sujet de facteurs génétiques susceptibles de retarder, voire d’empêcher le déclenchement de la maladie chez les humains. Il est attesté qu’un sous-groupe d’individus âgés et porteurs de facteurs génétiques prédisposant à la forme la plus commune de la maladie d’Alzheimer a pu échapper à la maladie et vivre jusqu'à plus de 90 ans une vie longue et productive, sans troubles de mémoire.


À propos de Judes Poirier, P.h.D., C.Q.


Judes Poirier est reconnu internationalement pour ses travaux sur le cholestérol et l’apolipoprotéine E dans le cerveau normal, lésé ou malade. Il a également été un pionnier dans le domaine de la pharmacogénomique appliquée aux traitements de la maladie d’Alzheimer. Auteur de plus de 186 publications de recherches et chapitres d’ouvrages scientifiques, le Dr Poirier a obtenu de nombreux prix prestigieux, notamment le prix de l’International Society for Neurochemistry, le prix International Parke-Davis – ICAD pour ses recherches sur l’apolipoprotéine E4, le cholestérol et la maladie d’Alzheimer, le prix Galien 1997, le prix CCNP Innovation, le prix Genesis, et le prix Hubert Reeves. Il a été désigné personnalité de la semaine par La Presse/Radio-Canada et personnalité de l’année par le magazine L’Actualité en 1996. Le Dr Poirier a obtenu son doctorat de l’Université de Montréal et a été décoré de l’insigne de chevalier de l’Ordre du Québec par le premier ministre du Québec. Il a également reçu un doctorat honoris causa de l’Université de Montpellier en 2009 pour ses travaux innovants sur la maladie d’Alzheimer.